Récursivité et Énonciation Dans l’expérience perceptive-textuelle de Paul Valéry

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Auteur

Université Shahid Chamran Maître-assistante

Résumé

Les sources de la pensée valéryenne proviennent d’une réflexion profonde sur le fonctionnement du corps et de l’esprit et des qualités spécifiques du "Moi" en tant que principe de toute activité créatrice, de toute découverte scientifique, de toute réflexion philosophique. La conception d’une unité fondamentale s’accompagne chez Valéry d’une réflexion constante sur l’arbitraire, sur l’accidentel, dans le domaine du langage, de l’être social, de l’idéologie autant que dans le domaine des théories et systèmes scientifiques. Mais, ce qui est important, c’est que la production du sens, au cœur de pensée valéryenne, relève du domaine de la perception ou plutôt la vision. La vision est d’ordre pragmatique et elle contribue au processus signifiant. Le souci de Valéry est de se regarder: «se regarder vivre, voir, penser et sentir, rêver, être vacant» (Bellemin-Noël, Jean (1971), p. 10), ce qui renseigne sur les grands axes ou les recoins les plus secrets de sa méditation profonde. Il pense que l’âme fait plus que voir et il essaie d’adhérer de toutes ses forces à la sensation, à l’unisson de ce qui l’émeut. Valéry n’orienta pas ses recherches dans une seule direction. Il se laissait aller à toute étude qui lui semblait pouvoir aiguiser sa puissance d’observation, c’est-à-dire à toute étude posant nettement la question de la compréhension. Et son œuvre développe l’histoire d’une intentionnalité, dans la mesure où elle constitue le mouvement d’un sujet à la recherche de soi-même. Le sens de la vie est surtout l’effet de la rencontre quotidienne du sujet avec le monde sensible par l’intermédiaire du regard.