L'instrumentalisation des procédés énonciatifs chez les "minimalistes" français des années 1980: Les cas de Patrick DEVILLE et de Jean-Philippe TOUSSAINT

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Auteur

Faculté des Langues étrangères, Université de Téhéran

Résumé

En matière d'innovation romanesque, le vingtième siècle français fut, à n'en pas douter, une période particulièrement prolifique. Différents genres et sous-genres de roman se disputèrent le privilège d'occuper un temps le haut du pavé, de représenter "la" tendance dominante avant d'aller rejoindre la liste non close des désormais "classiques" contemporains. Le roman de formation, le roman psychologique, l'éphémère roman surréaliste, le roman existentialiste, le nouveau roman...autant de catégories dont  chacune recouvre autant d'individualités marquantes, susceptibles à leur tour de donner lieu à de nouvelles mouvances esthétiques. Le tournant des années 1980 accentue le phénomène en favorisant l'émiettement du genre, sans pour autant atténuer l'appétit "classificatoire" de la critique. La notion de roman "minimaliste" est ainsi le résultat de la perception, chez la critique, de traits communs dans les œuvres d'un panel d'auteurs affiliés aux Editions de Minuits.    Parmi    ces    derniers,    certains    sont    passés    maître    dans 

l'instrumentalisation de la dimension énonciative de leurs récits. Jean Philippe Toussaint et Patrick Deville, entre autres, utilisent de manière optimale l'ensemble des ressources du discours, en vue de créer une forme romanesque, un sous-genre narratif ambivalent, à l'intérieur duquel la  tension permanente entre récit et discours acquiert, nous le verrons, une valeur quasi programmatique